Langues maternelles en danger !

MBOTÉ ZENO ( Bonjour à tous en Lari ) ! Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la langue maternelle. J’imagine déjà les événements de ce jour : pratiquement tous les médias vont en parler au moins une fois. Puis ce sera le tour des gouvernements et des ONG par le biais de forums et de réunions au terme desquels des décisions seront prises, qui seront immédiatement mises au placard à la fin de la journée.

C’EST UNE VÉRITABLE HONTE ! Nous ne devons pas attendre cette journée pour faire la promotion des langues maternelles et encourager les gens à les parler, d’autant plus qu’une langue disparaît toutes les deux semaines dans le monde.

C’est quoi une langue maternelle ?

La langue maternelle, aussi appelée langue native ou langue première, est la première langue apprise par l’enfant. Elle est assimilée naturellement en interagissant avec l’entourage immédiat, et donc par conséquent, c’est une langue propre à une ethnie, à une région ou à un pays.

Il arrive qu’on apprenne plus d’une langue maternelle. Par exemple, les enfants peuvent assimiler plusieurs langues dans les familles multiculturelles, si leurs parents sont des immigrés ou encore si leurs pays comportent plusieurs langues officielles.

Est-ce vraiment important de parler sa langue maternelle ?

L’apprentissage et la valorisation des langues maternelles sont essentielles à la préservation de l’identité culturelle des peuples, de leurs coutumes, de leurs savoirs et de leurs philosophies, et par conséquent de la diversité culturelle du monde. Le spectre de la disparition de plusieurs langues n’est donc pas à prendre à la légère. Le risque est la constitution d’une uniformité linguistique et culturelle dont les principaux perdants seraient les pays qui n’ont pas su préserver leurs langues, car celles-ci auraient été écrasés par les rouleaux compresseurs linguistiques que sont l’anglais, l’arabe, l’espagnol, le français, le portugais, etc.

Ce phénomène a déjà été mis en place, il y a plusieurs siècles, avec la colonisation, qui a causé, et qui entretient toujours l’aliénation des peuples colonisés, qui ont été forcé d’adopter les langues, les croyances, les mentalités et les mœurs de leurs colonisateurs, au point de s’oublier eux-mêmes. La mondialisation, bien que bénéfiques à plusieurs égards, a aggravé ce phénomène avec les mouvements des populations et l’essor de la télévision qui influencent grandement les habitudes de tout un chacun. L’exemple le plus notable est Hollywood qui, plus qu’une industrie cinématographique, est le symbole de la culture américaine et il en inonde le monde entier.

De ce fait, plus qu’un outil de communication, la langue est un instrument de domination. Plus on parle la langue de l’autre, plus on adopte son système moral, ses préjugés et plus on s’identifie à cette personne.

Qu’en est-il de la situation dans mon pays ?

Au Congo-Brazzaville, où des centaines de langues se côtoient, la situation n’est guère idéale. Les gens parlent de moins en moins leurs langues pour se rabattre sur le français, et ce dès leur plus tendre enfance, car c’est souvent la première langue qu’ils apprennent, et certains n’en apprennent pas d’autres. En conséquence, parler « les autres langues » ( entendez par là les dialectes) est mal vu dans certains milieux et est associé au sous-développement et à la vulgarité, comme si cela faisait du parleur une personne moins intelligente que les autres.

Cette inclination se reflète dans le système scolaire et dans l’administration dont le français est la langue exclusive, au dépend du lingala et du Kituba qui sont pourtant des langues officielles.

Heureusement, tout le monde ne partage pas cette idéologie. Les langues maternelles sont encore parlées dans les zones rurales et les milieux populaires, bien qu’en forte régression. Une prise de conscience est donc nécessaire pour redresser la barre et pour que les gens n’aient plus à se justifier en voulant parler leurs langues, indépendamment du milieu social.

Bien entendu, cet article ne vise pas à condamner l’usage des langues étrangères, encore moins les échanges culturelles, mais vise plutôt à promouvoir l’usage de nos langues pour préserver nos identités et à rappeler que la langue constitue l’une des richesses d’un État.

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