Clichés sur les femmes dans la littérature

 Les femmes ont réussi à s’émanciper du carcan traditionnel, qui les cantonnait au rôle d’éternelles mineures, pour occuper une place plus active dans la société. En dépit du plafond de verre, elles occupent de plus en plus des postes à responsabilité. Bien que leurs représentations dans la littérature se soient améliorées, elles sont souvent réduites aux rôles de simples amoureuses, de soutien envers « le véritable héros de l’intrigue, de simples objets de désir, de femmes au foyer, de domestiques ou de méchantes sorcières. En plus, elles sont souvent sous-représentées.
En revanche, les protagonistes des romans sont souvent masculins. Et quand les protagonistes sont féminins, ils s’épanouissent souvent dans les romans « à l’eau de rose », sensés être lus par des femmes. Cette catégorisation des protagonistes féminins est l’une des raisons de la valorisation des personnages masculins, représentés dans tous les genres littéraires, et jugés plus lucratifs.
 
Une profusion de stéréotypes
La littérature de l’imaginaire comprenant les contes, les romans fantasy, fantastiques et de science-fiction est un exemple frappant de la piètre opinion qu’ont la plupart des auteurs envers les femmes. Les contes, en effet, montrent une véritable illustration de cette description des personnages féminins. Deux grands concepts opposés en ressortent : le premier est l’incarnation de l’idéal féminin. C’est la femme douce, gentille, naïve, romantique, simple d’esprit, fragile et incapable de s’en sortir sans le concours d’un homme, dit « chevalier servant ». Blanche-Neige et raiponce des frères Grimm, popularisées par Disney, en sont les archétypes.
Source : mikidsmiraison.tumblr.com

Le second concept est l’incarnation de « la méchante sorcière ». Celle qui est belle, manipulatrice, séductrice, tentatrice, et assoiffée de pouvoir. Bien que machiavéliques, ces femmes me plaisent davantage car, contrairement aux premières qui sont passives, elles sont actives et n’hésitent pas à tout mettre en oeuvre pour obtenir ce qu’elles désirent. Ce sont de véritables femmes de pouvoir et les faire toutes passer pour des « femmes méchantes », est l’une des méthodes utilisées pour conditionner les petites filles à se parquer, plus tard, dans la passivité.

Les romans SFFF ( Science-fiction, fantastique et fantasy ) ont aussi mauvaise presse en ce qui concerne la parité Homme-Femme. En effet, les hommes et les femmes sont souvent déclinés de manière typographique. Les hommes sont souvent très puissants, machos, beaux, séducteurs et intelligents. Quant aux femmes, elles sont souvent cantonnées au rôle de femme-objet. Par exemple, les romans fantasy regorgent de chevaliers devant sauver des princesses. Dans ce cas, les personnages féminins ont pour simple rôle, de permettre aux protagonistes masculins d’évoluer ou de satisfaire leurs besoins, sans avoir une réelle influence dans l’histoire. Même quand elles sont fortes,elles sont souvent de simples faire-valoir et le fait qu’elles soient des femmes est souvent mis en avant.

Malheureusement le genre de la romance ne fait pas mieux. L’idéal féminin représenté est celui de la femme amoureuse, incapable de vivre sans l’élu de son cœur, et prête à tout lui pardonner. L’un des exemples les plus révélateurs est la collection Azur des éditions Harlequin. Il est assez facile d’en déterminer le résumé : la femme est souvent belle, douce, naïve, vierge, désintéressée, désargentée et exerçant un métier de subalterne. Quant à l’homme, il est souvent beau, entrepreneur, riche, séducteur et avec un cœur de pierre. La femme est souvent en rivalité avec l’ex de son amour, qui se révèle être séductrice et vénale. Celle-ci tente de les séparer mais échoue suite au triomphe de l’amour. Si vous avez l’habitude de lire la collection Azur, vous êtes déjà forcément tombé sur ce schéma.
L’autre exemple marquant est celui de la femme kidnappée, violentée puis qui tombe folle amoureuse de son kidnappeur. Le syndrome de Stockholm est ainsi présenté comme le remède au calvaire initial des victimes. La fiancée captive de Johanna Lindsey, la tour du bonheur de Barbara Cartland et la trilogie Enlèvement d’Anna Zaires en sont des illustrations.
 A mon avis, le plus choquant, dans ces romans d’amour, n’est pas l’absence évidente de suspense, mais le fait que ces romans soient en majorité écrits par des femmes.
Un vent nouveau souffle dans le domaine de la littérature
Une certaine prise de conscience sur la sous-représentation des femmes dans la littérature, favorisée par les mouvements féministes, a permis l’émergence de personnages féminins forts, indépendants et intelligents comme Hermione Granger et Ginny Weasley dans Harry Potter; Kahlan Amnell et Cara dans L’épée de vérité et Annabeth Chase dans Percy Jackson.
Cela est aussi dû à l’avènement de plus d’écrivaines, surtout dans le genre SFFF. Les personnages féminins sont maintenant des héroïnes à part entière. Elles deviennent les égales des hommes, voire leurs supérieures dans certains cas.
Les contes aussi ne sont pas en reste. Certains, bien que anciens, louent la bravoure, la force et l’intelligence féminines. Comme exemple, on peut citer la princesse Yennenga et la reine Pokou qui sont des héroïnes de légendes africaines.
Source : gazettedesfemmes.ca
Instruments d’analyse de la sous-représentation féminine
Plusieurs outils ont été crées pour mesurer le sexisme dans les romans, les BD et les films.
Le test de Bechdel
C’est un outil crée par la dessinatrice Allison Bechdel qui met en avant la représentation minimale des personnages féminins dans les romans et les films. Ce test repose sur trois critères :
1. Il doit y avoir au-moins deux femmes nommées ( nom et prénom ) dans l’oeuvre
2. Celles-ci doivent parler ensemble
3. Et au-moins, une de leurs conversations de doit pas être en rapport avec les hommes.
 Ce test a toutefois ses limites car il ne permet pas déterminer si une œuvre est féministe ou pas. Il permet tout de même de constater le nombre très élevé d’œuvres qui n’atteignent pas le seuil minimal du nombre  de femmes dans  la fiction.
Le test Furiosa
Ce test est nommé d’après un personnage de Mad Max, Fury Road. Ce film a été critiqué par de nombreux internautes à cause des nombreux personnages féminins représentés. Il pose une seule question :  » Les internautes s’énervent-ils parce que le film ou le livre est féministe ? ». Si la réponse est oui, alors le test est réussi.
Le test de la lampe sexy
Ce test a été crée par la scénariste Kelly Sue Deconnick. Il propose de remplacer un personnage féminin par une lampe et de voir si l’histoire est modifiée. Il permet d’identifier les personnages féminins décoratifs. Des personnages qui n’affectent pas l’histoire, qui n’ont aucun objectif et dont l’existence est admise uniquement pour servir de récompense au héros à la fin de l’intrigue.
Les femmes dans le frigo
C’est une expression inventée par Gail Simone. Il fait référence au numéro 54 de Green Lantern dans lequel le héros rentre chez lui et trouve sa petite-amie, Alexandra Dewitt, morte et placée dans un réfrigérateur.
Ce test fait référence aux nombreux personnages féminins qui meurent, sont blessés, violés ou torturés dans le seul but de faire avancer le développement narratif d’un personnage masculin.
Typiquement, les hommes ont souvent des rôles de leaders tandis que les femmes , des rôles de victimes. Le meilleur moyen de déterminer si un personnage féminin est un bon personnage est de le remplacer par un homme. Si la nouvelle version est ridicule et insensée, alors ce n’est pas un bon personnage. Pour info, les personnages féminins susmentionnés ont réussi tous les tests.

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