Portrait de douze femmes qui ont marqué l’histoire

Même si les livres d’histoire regorgent d’hommes, plusieurs femmes ont, au cours des siècles, changé la face du monde, non pas en raison de la longueur de leurs nez, mais en raison de leurs convictions, de leurs charismes, de leurs forces et de leurs actions.

Pour cette journée internationale des droits des femmes, voici une rétrospective sur le parcours de quelques femmes hors du commun.

Iâhhotep Iere (XVII/XVIII ème dynastie égyptienne )

L’égyptologue et auteur français Christian Jacq l’a qualifiée de « Jeanne d’Arc égyptienne », en raison de son rôle majeur dans la reconquête de l’Égypte contre les envahisseurs Hyksôs. Iâhhotep Iere est la grande épouse royale du pharaon Seqenenrê Tâa. Elle naît dans une Égypte sous domination hyksôs. Ceux-ci dirigent alors le delta du Nil et une partie de la Moyenne-Égypte. La famille royale est cantonnée à Thèbes.

Iâhhotep soutient son époux dans la guerre de libération et assure la régence du royaume. Après la mort du pharaon Ouadjkheperrê Kames et le couronnement de son fils Ahmôsis Ier, son rôle devient plus prépondérant. C’est elle qui assure l’administration du royaume pendant que son fils va en guerre. Même après la victoire et la reconquête territoriale, elle tient toujours un grand rôle dans les affaires courantes de son pays. Pour preuve, son fils Ahmôsis fait graver dans une stèle de Karnak ceci :

Celle qui a accompli les rites et pris soin de l’Égypte. Elle a veillé sur ses troupes et les a protégées. Elle a ramené ses fugitifs et rassemblé ses déserteurs. Elle a pacifié la Haute-Égypte et a chassé les rebelles.

Ahmôsis peut la remercier car sans sa détermination à bouter les Hyksôs hors du territoire égyptien, il n’y aurait sans doute pas eu l’âge d’or du Nouvel Empire avec des pharaons de grande envergure comme Thoutmosis III et Ramsès II.

Christian Jacq dresse un portrait saisissant de sa vie dans une trilogie intitulée « La reine liberté ».

Tomyris

Tomyris devient reine des Massagètes à la mort de son époux. Cyrus le Grand en profite alors pour demander sa main et faire main basse sur son royaume. Lorsqu’elle refuse d’accéder à sa demande, celui-ci décide d’obtenir sa main et son royaume par la force.

Elle n’a d’autre choix que de prendre les armes à son tour après le suicide de son fils. Après plusieurs batailles, son armée triomphe des perses et Cyrus le Grand est tué. Les versions sur sa mort divergent. D’après l’historien grec Hérodote, Tomyris fit rechercher la dépouille de son ennemi, lui fit couper la tête et la fit tremper dans une outre remplie de sang humain. Elle est considérée comme la dernière reine des Amazones, un peuple mythique de femmes guerrières.

Tomyris par Giovanni Antonio Pellegrini

Cléopâtre VII Philopator ( vers 69-30 avant Jésus-Christ )

C’est certainement la reine la plus célèbre de l’antiquité. Elle est surtout connue pour avoir réussi à conserver son trône en séduisant deux des hommes les plus puissants de son époque. Malheureusement, ses capacités intellectuelles sont souvent passées à la trappe, de sorte que l’image que la plupart des gens ont d’elle, est celle d’une simple femme séduisante, qui n’a que sa beauté comme atout. Elle doit cette sombre réputation aux romains qui voulaient la discréditer, surtout l’empereur Auguste.

Contrairement aux idées reçues, Cléopâtre VII n’était pas une femme à la beauté fatale. Si elle parvint à conquérir les cœurs de Jules César et de Marc Antoine, c’est surtout grâce à son intelligence, son charisme, ses talents linguistiques et par son esprit cultivé.

Descendante de la dynastie d’origine macédonienne des Lagides qui régna sur l’Égypte, elle est l’une des trois filles du roi Ptolémée XII. Très tôt, elle suit l’enseignement de grands précepteurs qui affinent ses capacités intellectuelles. Elle parlait par exemple le grec, l’égyptien, l’araméen, le mède et l’arabe et aurait écrit plusieurs traités en cosmétique, en Alchimie, en métrologie et en gynécologie.

Même si elle doit son pouvoir en s’associant avec des hommes : ses frères Ptolémée XIII et Ptolémée XIV qu’elle épousa, puis à Jules César et à Marc Antoine, elle n’aura de cesse de se battre pour conserver son indépendance et celui de son royaume dans un monde où être une femme est synonyme de soumission.

Elle est rentrée dans la légende après sa mort mystérieuse, largement romantisée, après la débâcle de Marc Antoine à Actium. Selon les versions, elle se serait soit suicidée en se faisant morde par des cobras, soit elle se serait empoisonnée. Quelle que soit la vérité, elle restera dans les annales comme « celle qui aurait changé la face de la terre si son nez eût été plus court ».

Cléopâtre VII faisant une offrande à la déesse Isis sur une stèle du musée du Louvre

Boudicca ( vers 61 après Jésus-Christ )

Pour les britanniques, elle représente le symbole du courage et de la résistance des populations bretonnes à l’envahisseur romain. Son histoire nous est parvenu grâce aux historiens romains, notamment Tacite dans Agricola et dans ses Annales et Dion Cassius dans Histoire romaine. Ce dernier fait un portrait d’elle assez terrifiant : « grande, terrible à voir et dotée d’une voix puissante. Des cheveux roux flamboyants lui tombaient jusqu’aux genoux, et elle portait un torque d’or décoré, une tunique multicolore et un épais manteau retenu par une broche. Elle était armée d’une longue lance et inspirait la terreur à ceux qui l’apercevaient ».

Boudicca était vraisemblablement reine des Iceni, un peuple celte qui vivait dans le sud-est de l’actuelle Grande Bretagne. Son époux, le roi Prasutagos avait prêté allégeance à Rome dans l’espoir de préserver l’indépendance de son pays. Mais à sa mort, son royaume fut annexé et les biens royaux confisqués, tandis que Boudicca était fouettée en public. Humilié, celle-ci se rebella contre l’empire Romain et parvint à rallier plusieurs tribus pour former une armée. Elle mena une campagne militaire, pillant et brûlant plusieurs villes. Elle gagna plusieurs batailles dont celle de Camulodunum, mais connut une grande défaite lors de la bataille de Watling Street. Elle mourut peu à après. La cause de sa mort n’est pas connue.

Statut de Boudicca et de ses filles près du port de Westminster

Jeanne d’Arc ( 1412-1431 )

Son rang de naissance ne la prédestinait pas à avoir une telle influence sur l’histoire de France. Jeanne d’Arc est née à Domrémy, un petit village de la Lorraine pendant la guerre des Cent Ans, qui opposait le royaume de France à celui d’Angleterre.

À 13 ans, elle entend les voix de Saintes Catherine et Marguerite et la voix de Saint Michel lui demandant d’être pieuse et de libérer le royaume de France de la domination anglaise, puis de faire couronner le dauphin. Dès lors, elle s’isole pour mener une vie pieuse, allant jusqu’à annuler ses fiançailles. Lorsque les voix deviennent plus insistantes, elle quitte son village natal pour aller rencontrer Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs. Sa demande de s’enrôler dans les troupes du dauphin est toutefois rejetée. Ne s’avouant pas vaincue, elle reste à Vaucouleurs et réussit à gagner le soutien de la population locale.

Jeanne d’Arc parvient à gagner une certaine notoriété et convainc Baudricourt de lui donner une escorte de six hommes. Elle rencontre Charles VII à Chinon en 1429 qui finit par l’envoyer à Orléans, assiégé par les anglais dans un convoi de ravitaillement. À Orléans, elle ragaillardit les troupes françaises qui réussissent à briser le siège. Elle convainc ensuite Charles VII d’aller se faire sacrer à Reims.

À la suite de sa déconvenue à Paris, le roi interdit tout nouvel assaut. C’est sans compter les convictions de Jeanne d’Arc qui forme ses propres troupes sans grand succès. En 1430, elle est capturée par les Bourguignons à Compiègne puis est vendue aux anglais. Elle est finalement condamnée au bucher pour hérésie en 1431.

Jeanne au siège d’Orléans par Jules Lenepveu

Amina de Zaria ( 1533-vers1610 )

Surnommée la « reine guerrière », elle a inspirée le personnage de Xena la princesse guerrière. Amina de Zaria est la fille de Bakwa Turunku, reine de la cité-état Haoussa de Zazzau ( appelée aujourd’hui Zaria ) dans l’actuelle Nord-est du Nigéria. 

Elle suit un chemin différent de son frère Karama qui était roi et embrasse les arts militaire. Malgré le scepticisme de ses contemporains, elle parvient à entrer dans l’armée et à gagner le respect de ses hommes. Elle mène des conquêtes pour agrandir son territoire à la tête d’une armée de près de 20.000 morts. Elle devient reine à la mort de son frère et continue de mener ses guerres.

Elle ne fait pas que guerroyer car elle met en place une administration efficace pour lever les impôts dans son royaume et fait construire des fortifications autour de la ville de Zauzza. Ces murs furent appelés Ganuwar Amina, « les murs d’Amina ».

Aujourd’hui encore, sa légende est célébrée au Nigéria comme « celle qui est aussi capable qu’un homme ».

Statut d’Amina à Lagos

Njinga du Ndongo et du Mataba ( vers 1583-1663 )

En Angola, elle est une véritable icône de la lutte contre les colons portugais. Elle est née après les premières expéditions portugaises sur les côtes angolaises. Njinga est la fille du roi de Ndongo, le Ngola ( titre que portait les rois de Ndongo ) Kiluanji et de la reine Kangela. Très tôt, son père l’autorise à l’assister et l’emmène lorsqu’il part en guerre.

Alors qu’elle est encore la sœur du Ngola Mbande, elle part comme émissaire à Luanda en 1657, pour demander la rétrocession de la forteresse d’Ambaca, récupérer certains sujets retenus captifs et faire cesser les raids des mercenaires Imbangala. Le gouverneur de l’époque accède à ses demandes et signe un traité de paix qui n’est pas respecté. Cette rencontre à été fortement romantisée par une légende : Le gouverneur n’offrit pas de chaise à Njinga. celle-ci demanda alors à l’une de ses esclaves de se mettre à quatre patte pour s’asseoir sur son dos et être à la même hauteur que ses interlocuteurs.

Lorsque les portugais n’honorent pas leur promesse, son frère se suicide. Njinga en profite alors pour prendre le pouvoir, d’abord au nom de son neveu, puis à son nom lorsque celui-ci meurt et prend le titre de reine de Ndongo. Son règne consistera essentiellement en une lutte ardente pour l’intégrité territoriale de son royaume contre les portugais, entrecoupée de « période d’alliance » avec ces derniers et avec les hollandais.

Njinga vécut jusqu’à l’âge de 80 ans et mourut paisiblement en 1663 au Matamba, en dépit des nombreuses guerres et des tentatives de coups d’État. Elle doit son long règne à ses talents de diplomate et à son instruction. En effet, elle mit un point d’honneur à apprendre la langue, l’histoire et les us et coutumes des portugais pour mieux les combattre.

Nanny ( vers 1685- vers 1755 )

Encore appelée la reine Nanny, c’est une figure emblématique de la résistance des marrons jamaïcains ( descendants des afro-caribéens qui ont formé leur propre communauté dans les montagnes ) contre l’esclavage.

Nanny est née dans la tribu Ashanti, dans l’actuelle Ghana. Elle est amenée comme esclave en Jamaïque avec ses quatre frères puis est vendue dans une plantation de la commune de Saint Thomas, près de Port Royal. Plus tard, Nanny et ses frères s’échappent de la plantation et se cachent dans les Blues Mountains au large de Saint Thomas. La fratrie se divisent pour former plusieurs communautés.

Avec son frère Quao, Nanny fonde Nanny Town, une petite ville où se réfugiaient des esclaves en fuite. La ville réussit à tenir tête aux troupes britanniques grâce à la situation stratégique de Nanny Town qui était situé sur une crête, surplombant un précipite avec un seul accès. Grâce à cet emplacement, la petite communauté était en mesure de tenir contre une grand armée. Contre les attaques de front des britanniques, les marrons utilisaient aussi des techniques de guérilla et des ruses.

Nanny n’est pas qu’une meneuse d’hommes. Elle met en place une macro-économie pour entretenir sa ville grâce au troc de nourriture, d’armes et de vêtements, en plus de l’agriculture, de la chasse et de l’élevage de bétail. Elle organise sa communauté comme une tribu typique ashanti. Lorsque les vivres venaient à manquer, Nanny et ses hommes organisaient des raids contre les plantations, pour piller de la nourriture et des armes, incendier les plantations et libérer les esclaves.

Billet de banque à l’effigie de la reine Nanny

Yaa Asantewaa ( vers 1840-1921 )

Véritable icone au Ghana, elle a mené la rébellion Ashanti, connue sous le nom de « la guerre du trône d’or » contre les colons britanniques. Yaa est la reine-mère d’Ejisu du royaume Ashanti.

Elle devint régente du district de Ejisu-Juaben lorsque le roi asante Prempeh I et d’autres membres du gouvernement ashanti furent exilés aux Seychelles par les britanniques en 1896. Après leur exil, le gouverneur-général britannique de la Côte-de-l’Or Frédérick Hodgson réclama Le trône d’or, symbole de la royauté du royaume Ashanti. Les membres restants du gouvernement se concertèrent alors pour tenter de trouver une solution, mais ne purent se mettre d’accord.

Constatant leur indécision, Yaa prit la parole et fit un discours demeuré célèbre :

Je vois que certains d’entre vous ont peur d’aller se battre pour notre roi. Si c’étaient les jours glorieux d’Osei Tutu, Okomfo Anokye, ou Opoku Ware I, les chefs ne regarderaient pas leur roi se faire enlever sans faire feu. Aucun Européen n’aurait pu parler aux chefs Ashanti comme le gouverneur vous a parlé ce matin. Est-ce vrai que la bravoure Ashanti n’est plus ? Je ne peux pas le croire. C’est impossible ! Je dois dire ceci : si vous, les hommes d’Ashanti, n’y allez pas, alors nous le ferons. Nous, les femmes, le ferons. J’en appellerai à mes camarades femmes. Nous nous battrons ! Nous nous battrons jusqu’à ce que la dernière des nôtres tombe au champ de bataille

Elle gagna rapidement le soutien d’autres membres de la noblesse et prit la tête de la rébellion en 1900 et assiégea le port de Kumasi où les britanniques s’étaient réfugiés. Après plusieurs mois, la reine Yaa Asantewaa et plusieurs de ses conseillers furent capturés et déportés aux Seychelles. Elle y mourût en 1921. Trois ans après le roi Prempeh I et les autres exilés retournèrent en royaume Ashanti en 1926 et ramenèrent sa dépouille. Ce n’est qu’en 1957 que son royaume obtint son indépendance en tant que partie du Ghana.

Buste de Yaa Asantewaa

Huda Shaarawi ( 1879-1947 )

Huda Shaarawi est l’une des pionnières féministe de l’Égypte et du monde arabe. Elle est née à Minya, en Haute-Égypte sous le nom de Nur al-Huda Sultan. Issue d’une famille égyptienne importante, elle passe son enfance dans un harem. Elle y apprend le Coran par cœur mais pas l’écriture arabe et ne va pas à l’école. Elle est mariée de force à l’âge de 13 ans avec son cousin de 40 ans son ainé. Elle divorce peu après et se remarie avec lui à l’âge de 21 ans. Celui-ci fait de la politique et l’associe à son combat contre le protectorat britannique en Égypte.

En 1923, elle fonde l’Union féministe égyptienne pour défendre les droits des femmes. Elle est demeurée célèbre pour ne pas avoir remis son voile lors de son retour en Égypte, après un congrès international à Rome. Elle poursuit sa lutte à visage découvert et encourage d’autres femmes à faire de même.

Elle réussit à obtenir, du sultan Fouad I er, la fixation de l’âge minimum légal de mariage des filles à 16 ans et la reconnaissance de leur droit à l’éducation secondaire et supérieure.

Rosa Parks ( 1913-2005 )

Rosa Parks est une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis d’Amérique. Elle est surtout connue pour avoir refusé de céder sa place à un passager caucasien dans un bus soumis aux lois raciales.

Rosa Parks est née à Tuskegee en Alabama. Elle grandit dans une Amérique fortement ségrégationniste. Les écoles qu’elle fréquente sont uniquement réservées aux afro-américaines. L’une d’elles est incendiée à deux reprises par le klu klux klan.

Elle rejoint le mouvements pour les droits civiques en 1943 en adhérant à la section locale de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), présidé par Edgar Nixon. Elle est dans un premier temps cantonnée au rôle de secrétaire, puis elle est envoyée en Abbeville enquêter sur le viol d’une jeune afro-américaine par sept hommes caucasiens en 1944.

Le premier Décembre 1955, elle fait ce qui l’a rendra inoubliable : refuser de céder sa place. Elle est alors arrêtée et inculpée pour désordre à l’ordre publique. Même si elle n’est pas la première à le faire et à être jugée, elle fut l’étincelle qui permit une large mobilisation de la communauté afro-américaine par le boycott des bus de Montgomery qui aboutit à la levée de la ségrégation dans les bus en Alabama en 1956.

Mary Quant

Mary Quant est une couturière britannique née à Blackhearth. En 1955, elle s’associe avec son mari et leur comptable pour ouvrir une boutique de fripes sur King’s Road à Londres. Insatisfaite des modèles présentés, elle crée sa propre marque de vêtements.

Vers 1958, elle crée la minijupe qui est rapidement devenue le symbole de la libération de la femme et est aujourd’hui portée par des millions de femmes à travers le monde. En plus de la minijupe, elle a aussi crée la micro-minijupe, le maquillage « boîte de peinture », les imperméables en plastique et le short à la fin des années 1960.

Excellente femme d’affaires, elle a construit un véritable empire dans la mode avec une chaîne de boutiques, des produits de maquillages et des accessoires.

Je pourrais continuer à citer d’autres femmes qui ont fait l’histoire. Des femmes fortes, intelligentes, courageuses, dont la contribution à l’histoire de l’humanité continue d’être minimisée voire niée par des courants patriarcaux.

À lire aussi :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s