Jack et la grande aventure du cochon de Noël-JK Rowling

Résumé :

Jack est très attaché à son cochon en peluche de petit garçon. Ils ont tout vécu ensemble, les bons comme les mauvais moments. Jusqu’à cette veille de Noël où arrive la catastrophe : le cochon est perdu ! Mais la nuit de Noël n’est pas une nuit comme les autres : c’est celle des miracles et des causes perdues, où même les jouets peuvent prendre vie. Alors, Jack et le Cochon de Noël – une peluche de remplacement un peu agaçante – embarquent pour une aventure magique et périlleuse au pays des Choses perdues. Jusqu’où iront-ils pour sauver le meilleur ami que Jack ait jamais eu ?

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver la plume de JK Rowling ! C’est un roman loin du registre qui l’a fait connaitre dans le monde entier. Mais il n’en reste pas moins magique et tout aussi addictif. C’est un conte écrit initialement pour les enfants. Il est donc très facile à lire. Même le nombre important de pages-plus de 200 pages – n’est pas rébarbatif pour les jeunes lecteurs. Chaque chapitre, très court et très facile à suivre, présente une situation ou un lieu différent. Les premiers introduisent Jack dans son environnement avec son cochon en peluche et permettent de comprendre tout l’amour qu’il lui porte et pourquoi il va tout risquer pour le retrouver. En effet, Jack vit la période la plus difficile de son existence. Il n’arrête pas d’encaisser, sans jamais se plaindre, avec le divorce de ses parent, son déménagement et le remariage de sa mère. Des situations très difficiles à vivre pour un enfant. Son cochon en peluche est ainsi son seul réconfort dans cette atmosphère.

Sa perte le plonge donc dans un grand désespoir. Heureusement, que son remplaçant propose de le guider au pays des Choses perdues pour retrouver son compagnon. Tout à sa joie, Jack ne se pose pas de questions sur les motivations du cochon de Noël. Son seul objectif sera de retrouver son cher cochon au risque de jeter toute prudence aux orties.

C’est la trame principale de l’intrigue, à contrario des objets oubliés ou non désirés qui pullulent au pays des Choses perdues, comme une critique de notre société de consommation, toujours avide d’acquérir de nouvelles choses et de se débarrasser des anciens. Cette critique s’annonce dès l’arrivée dans ce pays si particulier avec la classification des objets selon leur importance au pays des vivants. Et comme dans notre société, les apparences font souvent rois. En gros, plus les objets brillent, et plus ils ont des chances d’être regrettés. En revanche, les objets appartenant aux enfants sont les seuls à avoir un statut particulier, au point de transcender leurs destructions dans le monde physique.

Le pays des Choses perdues paraît plus vrai que nature. C’est une véritable nation avec des villes, plus ou moins autonomes, des lois qu’il ne vaut mieux pas enfreindre, des policiers qui abusent de leurs pouvoirs, des chefs, et des habitants. Les objets, les habitudes perdues, les émotions, les dons et les bénédictions y sont vivants. Ils ressentent toutes les émotions humaines et reflètent la nature humaine dans sa dualité. On ressent leur peine d’avoir été perdus et oubliés, mais surtout leur peur permanente d’être dévorés par le grand perdeur. Certains sont bons et vont venir en aide à nos héros, d’autres par contre vont leur mettre des battons dans les roues.

Le pays des Choses perdues est une sorte de caricature des dictatures de notre monde. Ses habitants ont laissé Le Grand Perdeur acquérir du pouvoir, sans rien faire, au point qu’il est devenu quasiment impossible à abattre. Ils se contentent de vivre, et d’attendre d’être retrouvés dans la crainte d’être un jour dévorés. D’autres profitent allègrement de ce système et quelques rares irréductibles le combattent. Le grand Perdeur est terrifiant au possible avec sa gigantesque masse, mais surtout par la terreur qu’il inspire qui fait ressortir le meilleur comme le pire chez ses victimes. Son ombre plane tout au long du récit, même si ses apparitions se font avec parcimonie. Sous sa houlette, Jack et le cochon de Noël devront puiser dans leur courage pour s’en sortir. Le climax est sensationnel et son dénouement est vraiment déroutant.

Tout le récit peut aussi être perçu comme une allégorie du deuil. En effet, Jack passe par ses cinq étapes après la perte de son cochon. Tour à tour, il passera par le déni, puis la colère quand il ne retrouvera pas son cochon. Ensuite, il va marchander avec le cochon de Noël pour aller au pays des Choses perdues pour retrouver sa peluche. Puis, il sera très triste lorsqu’il se rendra compte des conséquences du sauvetage de son cochon. Il acceptera enfin que les pertes font partie de la vie et découvrira que les plus grands trésors sont là où on ne les attend pas.

C’est vraiment un magnifique conte, presque philosophique, pour petits et grands, qui questionne notre rapport à nos possessions.

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