Le cycle de Rama-Arthur C Clark et Gentry Lee

Quel amateur de romans SFFF ne connait pas ce chef-d’oeuvre ? C’est l’un des monuments de la science-fiction. Le premier volet, écrit par Arthur C Clark ( Seuls les trois derniers tomes ont été écrits en collaboration ), a été lauréat des prix Hugo, Nebula, Locus et John W Campbell Jr.


Auteurs : Arthur C Clarke et Gentry Lee
Tomes : 4 ( Rendez-vous avec Rama; Rama II; Les jardins de Rama; Rama révélé )
Genre : Science-fiction



Résumé :

2130. La communauté scientifique localise un objet spatial non identifié dans le système solaire. Il s’agit d’un cylindre long de plusieurs dizaines de kilomètres qui se dirige droit vers le soleil à la vitesse de cent mille kilomètres par seconde. Baptisé Rama, l’artefact suscite la plus grande curiosité. Mais c’est la stupéfaction qui attend les occupants du vaisseau d’exploration Endeavour lorsqu’ils découvrent au cœur de Rama un véritable monde en réduction, avec une mer, des reliefs, des routes, des villes… Un univers de silence et de non-vie, où tout semble être le fruit d’une technologie dépassant l’entendement et pourtant vieux de millions d’années. Qui peut bien être aux commandes de Rama ?

Mon avis :

J’apprécie moyennement les histoires sur les extraterrestres. J’ai lu peu de livres et vu peu de films à ce sujet. Ces histoires ont souvent un schéma récurrent : des aliens hostiles envahissent la terre ou font la chasse à l’humain. Mais heureusement, Rama s’écarte de ce cheminement.

L’histoire se déroule à une époque où l’humanité a réussi à coloniser l’espace. Les hommes sont dirigés par une confédération de planètes nommée « Monde unie » dont l’unité est beaucoup plus illusoire. C’est dans ce contexte qu’un objet céleste apparaît dans l’espace. Une mission de grande envergure est alors mise sur pied pour aller l’explorer.

L’intrigue se déroule sur plusieurs années. Le premier tome suit l’équipage Endeavour qui se confronte à ce monde de silence et de mystère. Dès le début, le roman nous tient en haleine, mêlant avec brio des scènes de suspense et d’horreur. Rama apparaît plus vrai que nature, de par la description très scientifique de l’auteur. C’est une véritable planète ambulante, autosuffisante, avec une atmosphère viable et semble dotée d’une intelligence propre. C’est ce qui en fait le charme. Chaque détail est si réaliste qu’on accepterait presque l’existence de Rama comme une plausibilité. On ressent l’émerveillement des explorateurs à chaque nouvelle découverte et tout comme eux, on se sent minuscule devant cette technologie qui dépasse notre entendement. Seul bémol, les personnages sont très peu développés, mais le vaisseau-monde est si prenant que cela n’entrave pas l’intrigue.

Les trois tomes suivants se déroulent sur une autre astronef semblable au premier et met en scène de nouveaux personnages. Ceux-ci sont beaucoup plus mis en avant. J’ai beaucoup aimé Nicole Desjardins. C’est un personnage fort, volontaire et plein de noblesse. Abandonnée dans Rama avec Richard Wakefield et Michael O’Toole, elle n’a de cesse d’aller de l’avant. Le trio va apprendre à vivre en symbiose avec le vaisseau et se lier d’amitié avec des extraterrestres. Ils vont voyager aux confins du cosmos et en apprendre davantage sur les projets des concepteurs de Rama.

Tout comme Brainiac, les créateurs du vaisseau Rama ont pour ambition de collecter des mondes. Mais à la différence de Brainiac, ils se contentent de prendre un petit échantillon de chaque espèce spatiopérégrine, de les mettre dans Rama, pour pouvoir les étudier. Notre trio et leurs enfants vont subir une batterie de tests et vont, bien malgré eux, aider à la venue de milliers d’humains dans le vaisseau. Évidemment, mettre des extraterrestres avec des humains dans un même lieu va vite tourner au vinaigre.

Les principaux thèmes abordés, tout au long des tomes, sont la cupidité et la xénophobie universelle de l’homme, envers ses semblables, mais aussi envers toutes espèces différentes. Piégés dans le vaisseau Rama, les représentants de « l’humanité » vont s’entre-déchirer, au lieu de s’entraider, en commençant par se regrouper en fonction des caractères ethniques, puis en menant des luttes intestines pour le pouvoir. Les humains de Rama vont finir par se confédérer, non pas pour vivre harmonieusement, mais pour mener une croisade contre de paisibles extraterrestres ( que je trouve par ailleurs très mignons, surtout les Aviens ), après avoir pollué l’atmosphère de Rama, malgré l’appel à la raison de quelques personnages.

La grande différence avec d’autres romans sur les extraterrestres, c’est qu’ici les monstres ce sont les humains. Même, à des milliers de kilomètres de la Terre, dans un lieu paradisiaque, ces derniers vont trouver le moyen de tout détruire. Ils nous invitent à réfléchir sur les horreurs que peut entraîner la peur primale et l’instinct de survie.

Dans ces drames successifs, les concepteurs de Rama vont tenir un simple rôle d’observateurs, tels des spectateurs d’une télé-réalité. Ils n’apparaissent jamais et délèguent leurs actions à des intelligences artificielles. Très peu de détails sont donnés sur leur nature et leurs véritables intentions. À cause de cela, la saga se termine avec un goût amer, ce qui est vraiment dommage. Évidemment cela permet aux lecteurs d’imaginer de nouveaux chapitres à cette magnifique aventure.

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