AYA DE YOPOUGON, UNE BD EN OR

Aya de Yopougon est une bande dessinée, scénarisée par Marguerite Abouet et dessinée par Clément Oubrerie. La série comporte six tomes et un septième, que j’attends avec impatience, est en préparation. C’est la première BD, se déroulant en grand partie en Afrique, que j’ai lue en totalité.

Synopsis

L’histoire se déroule à la fin des années soixante-dix, à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, rebaptisé Yop City « pour faire comme dans les films américains ». On y rencontre trois jeunes femmes de dix-neuf ans : Aya, et ses deux amies Adjoua et Bintou. Aya souhaite devenir médecin, tandis que les deux autres préfèrent les soirées au maquis et la chasse au mari. Autour de ce trio gravitent des personnages aux destins divers. À quoi rêvent les jeunes filles de Côte d’Ivoire? Marguerite Abouet se souvient de son enfance et nous raconte une Afrique bien vivante, tendre et décalée.

Note de la scénariste Marguerite Abouet

Dans les années 1970, la vie était douce en Côte d’Ivoire. Il y avait du travail, les hôpitaux étaient équipés et l’école était obligatoire. J’ai eu la chance de connaître cette époque insouciante, où les jeunes n’avaient pas à choisir leur camp trop vite, et ne se préoccupaient que de la vie courante : les études, les parents, les amours… Et c’est cela que je veux raconter dans « Aya », cette Afrique qui subsiste malgré tout car, comme on dit chez nous, « la vie continue ».

Mon avis :

On est très loin des clichés habituels sur l’Afrique, et pour cause la scénariste est ivoirienne, et on le ressent en lisant les BD. Celle-ci dépeint une Afrique optimiste, malgré la pauvreté et le chômage, où la fatalité ne fait pas partie du quotidien et où la solidarité est plus qu’une coutume.

On s’attache très vite aux personnages complètement hétéroclites. Aya, de très loin la personne la plus sensée de l’histoire, est une jeune fille qui ne pense qu’à aider ses amis, mais qui tient à se tenir à distance de toutes formes de distractions qui pourraient l’admettre en  » série C : coiffure, couture et chasse aux maris ». Elle ne pense qu’à étudier au grand désespoir de son père qui pense que les études,  » c’est pas pour les filles » et la pousse dans les bras de Moussa, le fils à papa de son patron, et bon à rien d’après son père. Elle forme un véritable contraste avec ses deux meilleures amies Adjoua et Bintou, qui ne pensent qu’à sortir pour aller danser au « Ça va chauffer » ou au « Secouez-vous », puis de terminer leurs nuits à « l’hôtel aux mille étoiles », et dont la seule ambition est de se trouver un mari riche.

Les hommes ne sont pas tous présentés sous leurs plus beaux jours. Maris infidèles comme les pères d’Aya, d’Adjoua et Bintou, ou grands baratineurs comme Moussa et Ignace, leur principal hobbit est de courir les femmes, au dépend de leurs porte-monnaie ou de leurs vies de familles.

Plusieurs thèmes sont abordés comme le harcèlement, la place des femmes dans la société, l’amitié, le début de la sexualité et l’homophobie. Cela est fait de manière subtile avec un humour décalé, tout à fait africain, et les dessins sont très beaux, très chaudes et très colorés. Si vous voulez vous marrer, alors ces BD sont faites pour vous. Le seul risque que vous prendriez en les lisant, c’est d’en redemander.

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