La philosophie de l’ordre impérial dans la saga l’épée de vérité

L’ordre impérial est l’empire dirigeant l’ancien monde dans la saga « L’épée de vérité ». Il s’agit d’un régime plus ou moins  théocratique qui  juge l’humanité pervertie et que le salut passe par le sacrifice.
Le principal but de l’ordre impérial était de créer une société où tous les hommes seraient égaux dans tous les domaines. De ce fait, toute forme d’individualité était proscrite.
 
Origine et expansion
L’ordre impérial tire son origine de la confrérie de l’ordre, une secte créée par frère Narev, dont le but était d’accomplir « la volonté du créateur » en apportant le salut aux hommes, même contre leur gré. La diffusion de son idéologie est due au génie stratégique de  Jagang, qui a levé une armée et est parti en croisade contre les non croyants. Au fil du temps, les différents royaumes, baronnies, clans, cités-états et régions contrôlées par des seigneurs de guerre, furent soumis à l’ordre impérial. Les récalcitrants étant convertis de force ou par endoctrinement. Nicci estime d’ailleurs que les hauts prêtres étaient l’âme de l’ordre impérial et Jagang, ses muscles et ses os.
 
Idéologie
L’ordre impérial estime que la vie sur terre, éphémère par nature, n’a aucune valeur et seule l’après-vie, éternel océan de plénitude, compte. De ce fait, chaque être vivant doit gagner une place substantielle dans l’autre monde en se sacrifiant pour les autres, afin de satisfaire leurs besoins et leurs désirs. Dans le même ordre d’idées, ceux qui se consacrent au bonheur terrestre sont des pécheurs et doivent être châtiés. Quant aux massacres des infidèles, assimilés au gardien, ils sont un moyen de gagner sa place près de la lumière du créateur après la mort. Pour mieux endoctriner les peuples, la confrérie de l’ordre s’est faite messagère du créateur. Ainsi, la foi aveugle  était vénérée tandis que la réflexion était de l’hérésie. Les convertis étaient alors prêts à torturer ou à se sacrifier pour  » une cause juste ».
La supposée perversion de l’humanité se reflétait jusqu’à l’art. En effet, l’ordre impérial vouait un véritable culte à la laideur et à la misère. De ce fait, les sculptures et les peintures étaient dépourvues de beauté et de grâce. Ainsi, étaient représentés des malheureux fouettés par le gardien, des pécheurs en train de s’arracher les yeux, des silhouettes distordus, etc. Ces œuvres étaient toujours représentées en présence d’une flamme, image de la lumière du créateur, qui brillait au dessus de ces spectacles de cauchemars. Selon les croyances de l’ordre impérial, ces icônes étaient la seule représentation acceptable de l’humanité, engeance atrocement laide, incroyante et malveillante. Il n’est donc pas étonnant que la statue de Richard, symbole de vie, de noblesse, de beauté, de liberté et de courage, ait poussé la majorité des habitants d’Altur’Rang à se soulever contre ce régime dictatorial.
 
Conséquences sur l’empire
1. Hypocrisie au pays des dévots
Malgré sa haine envers les êtres magiques, l’ordre impérial n’hésitait pas à s’en servir. Jagang et la plupart des hauts prêtres de l’ordre impérial étaient d’ailleurs des êtres magiques. Ils n’hésitaient pas à se servir de magie, comme le projet de construction d’un palais destiné à ralentir le vieillissement à Altur’Rang. Pourtant, plusieurs hommes et femmes, doués de magie, ont été tués, au nom de « l’égalité ». S’ils avaient réussis leurs sombres projets, ils seraient restés les seuls pratiquants de la magie.
Au sein de l’ordre impérial, l’égalité pour tous était une utopie. En effet, tous les hommes n’étaient pas à la même enseigne. Ainsi, l’empereur et ses proches vivaient dans l’opulence tandis que le petit peuple vivait dans la misère. Par exemple, Jagang se déplaçait toujours sous les honneurs; les gens lui faisait la révérence et se servait d’un titre pour l’indiquer. Il en était de même pour les hauts prêtres. En fait, l’ordre impérial avait renversé des régimes monarchiques, pour en devenir un.
 
2. La paralysie de l’économie et de l’administration
La générosité institutionnalisée est finalement la cause de la misère de l’ancien monde. En effet, chaque facette de l’économie était contrôlée par les dirigeants. Par exemple, pour louer un logement, il fallait d’abord avoir un travail. Et pour avoir un travail, il fallait d’abord s’inscrire à une sorte de syndicat constitué de citoyen-travailleur, ensuite se présenter devant un comité d’admission, puis devant un sous-comité destiné à déterminer les aptitudes des futurs travailleurs. Enfin, un agent agréé se portait garant de l’individu pour qu’il obtienne un emploi adapté, puis un domicile.
De même, les prix, le nombre de boutiques, de manufactures, de logements et de denrées, alimentaires ou non, à produire étaient fixés par les dirigeants. De ce fait, plusieurs terrains étaient en jachère, des aliments se détérioraient et plusieurs articles et aliments étaient souvent en rupture de stock, faute d’avoir été produits en nombre suffisants. Des milliers de personnes mouraient ainsi de faim.
De plus, chaque travailleur devait donner la quasi-totalité de son salaire aux nécessiteux. Pendant les réunions des groupes de citoyens-travailleurs, la décision de bénéficier ou de participer aux aides sociales était prise. L’aide sociale était destinée aux malades ou aux personnes supposées malades, aux nécessiteux et aux personnes handicapées, si bien que les travailleurs, privés de leurs propres salaires, finissaient par vivre dans la misère.
3. Le paradoxe de l’égalité
L’égalité a été poussé jusqu’à sa notion la plus extrême. En effet, tous les hommes devaient être égaux en tout point y compris en pensée et en aptitudes. Ainsi, être meilleur que les autres revenait à commettre une injustice ; seule la société, prise comme un tout, pouvait avoir de la valeur; et être riche revenait à être malhonnête car donner ses biens est l’unique action qu’une personne puisse faire pour sa rédemption.
De même, les êtres magiques étaient considérés comme une abomination à cause de leur supériorité sur les êtres non magiques. Jagang voulait mettre fin à la magie pour pouvoir mieux contrôler l’humanité.
 Jagang jugeait que la magie empêchait les gens d’atteindre leurs potentiels. En un sens, il n’avait pas tort. En effet, dans la loi des neuf, on apprend que notre monde est celui où les soudards de l’ordre impérial ont été exilé. Contrairement au monde d’origine, qui est resté médiéval, le nôtre s’est développé grâce à la technologie qui a remplacé la magie.
 
4. Du pain et des jeux
Comme dans la Rome antique où les empereurs distribuaient du pain et organisaient des jeux pour s’attirer les faveurs du peuple, l’ordre impérial organisait aussi des jeux de Ja’la pour détourner l’attention du peuple. Le peuple prise ainsi par la ferveur des jeux arrêtait de réfléchir sur ses conditions de vie et sur les notions de justice et de liberté.
De plus, Le fait que ce sport soit accessible à tout le monde, quelque soit son rang social, donnait une impression d’équité. Sous le joug de l’ordre impérial, devenir joueur de Ja’la était souvent le seul moyen d’améliorer sa vie.
Pour mieux entretenir la passion du peuple, Jagang n’hésitait pas à faire construire des stades, à récompenser les équipes gagnantes et à s’offrir une équipe de Ja’la, réputée pour être la plus forte.
 
En plus, le Ja’la permettait aux gens de vénérer quelque chose, tels un quartier et une ville, à travers une équipe. Cela donnait une impression d’appartenance dans un monde uniforme où les individus avaient été dépourvus de leurs nationalités.
De même, les quelques rares personnes que le système aidaient passaient leur temps à vanter la bonté de l’ordre impérial.
5. Du chauvinisme à la place de la raison
 
Il est extrêmement difficile pour une personne très logique d’imaginer que l’on puisse adhérer à un quelconque groupe extrémiste comme l’ordre impérial. Pourtant, l’histoire nous montre que, non seulement il est facile de se laisser entraîner par la masse, mais aussi que les gens ont tendance à s’incliner face à la tyrannie.
Pour accroître son emprise sur le peuple, l’ordre impérial, après la conquête, commençait par faire des promesses sur un monde utopique. Puis il désignait des ennemis supposés empêcher le bonheur du peuple ( les riches, la magie, les rois, le nouveau monde, les infidèles ). Dès lors, le peuple se sentait investi d’une mission, participer à la gloire impériale en détruisant ses ennemis.
 
 
Un idéal noble pour un objectif maléfique
 
Il est intéressant d’opposer certains idéaux de l’ordre impérial, comme l’égalité et l’entraide à leurs actes comme la torture, le viol et l’esclavage. Certains hommes se sont ainsi laissés séduire, comme le peuple d’Anderith qui opta pour l’ordre impérial. La mère de Nicci était aussi une grande zélatrice de l’ordre impérial. Elle l’a ainsi élevée sous la houlette de cette philosophie.
 

« Lorsque nous aurons purifié la terre des hommes, il n’y aura plus de rois ni de princes. Pourtant l’ordre régnera, parce que le peuple gouvernera au non du peuple. Ce jour-là, nul ne tremblera plus de froid, ne mourra plus de faim ni ne souffrira sans que se tende une main secourable car le bien commun, en ces temps bénis, primera sur les désirs égoïstes des individus. »

Frère Narev
 
Bien que l’ordre impérial soit fictif, son idéologie rejoint celle de certains groupuscules à travers le monde. Ce que je trouve d’ailleurs très inquiétant. Face à  ce genre de pensées , seule la raison permet de s’affranchir de l’obscurantisme afin de prôner la liberté et la justice.
 
 
 

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